Voilà qu'arrive l'hiver... Ha ben non, en fait on est bientôt au printemps... C'est le temps qui se moque de nous.
Pour palier à ces mauvaises températures, on se relance dans une petite Cavalcade...
Le moral n'est pas au beau fixe, un de mes chats est décédé. Ce n'est pas la joie mais cette petite remise en question mensuelle qu'est la Cavalcade des blogs fait du bien.


 La Cavalcade des blogs a été lancée par Gaëlle du site « cheval-facile » en 2013. Chaque mois, les blogueurs équestres traitent d’un nouveau thème choisi par l’un d’entre eux. Pour ce mois de mars, la Cavalcade est organisée par Emilie du blog Cavali’Erre qui nous propose de parler de confiance...

cavalcade


 La confiance... Vaste sujet !

Il y a d'abord la confiance en soi. Celle qui nous permet de mettre un pied devant l'autre chaque jour. C'est un sentiment de sécurité, de se fier à soi-même. Nous mettons du temps à l'acquérir et, même si elle semble solide, parfois elle s'éffrite, parfois elle se brise.

Et puis, il y a la confiance dans les autres. C'est encore moins facile que de se faire confiance à soi-même. Les gens peuvent être hypocrites, fourbes. Heureusement que tous ne le sont pas, qu'il existe des personnes vraies, sincères, fiables.

Dans la vie, la confiance est déjà fort importante... Elle est l'est bien plus encore dans le domaine équin !

Mylo est arrivé dans ma vie il y a bientôt dix ans alors qu'il avait huit mois. Nous avons tout apprit ensemble. Lui petit poulain ne connaissant rien, moi sortant tout droit des centres équestres où on nous apprenait à monter, rien de plus. Avec le temps, nous avons apprit à nous connaître, à nous faire confiance. Nous jouions énormément en piste avec des cônes, des barres, des bâches et j'en passe. Dès que le temps le permettait, nous étions en vadrouille dehors, à "découvrir le monde".
Son débourrage s'est fait tout naturellement, dans la continuité de notre travail ensemble.
Viennent les premiers pas en selle en piste, nos premières foulées de galop, nos premières balades montées. Un énorme sourire sur mes lèvres et un Mylo qui semble heureux lui aussi.

Son accident en 2012 nous rapproche encore plus et la confiance se fait plus solide encore. J'ai du nous mettre parfois dans de vilaines situation pour le sortir de la boue qui faisait ventouse avec son corps lorsqu'il se couchait. Nous nous faisons mutuellement confiance. J'étais devenu son pilier, il se reposait sur moi et ne paniquait jamais, même quand mes demandes semblaient farfelues. Il sait que je ne le lâcherait pas.Un an plus tard, nous revoilà ensemble à vadrouiller et visiter le monde ! Il est guérit !

Ma Loulette devient notre coach, notre "Maman Poule",  en vue de notre premier concours de TREC en équipe avec son homme, un ami. On s'amuse à faire des parcours à la maison et dans les bois. On travaille l'endurance mais nous renforçons aussi notre confiance l'un en l'autre. Mylo sait que ce que je lui demande ne lui fera pas de mal et même s'il hésite parfois un peu, il le fait quand même. Et moi je sais qu'il a le pied sûr, qu'il passe partout, qu'il sera toujours partant pour découvrir quelque chose. Nous sommes fusionnels.
On est pas au stade de promener en cordelette ou même en liberté, pour ça c'est peut être bien un manque de confiance en moi, un souci de connexion aussi sûrement. Je la perds encore assez souvent et c'est justement la longe qui le rappelle à moi.
Nous avons confiance l'un en l'autre. Il devient un petit cheval tout terrain.

Nous faisons ce TREC en équipe et sincèrement, c'est un des plus beaux week-end de ma vie, un autre fut mon mariage avec Chéri, c'est dire !
Nous ressortons avec une petit médaille-souvenir, nous ne sommes pas classés mais nous nous en fichons. Nous avons vécu un superbe moment de pur bonheur où la confiance était au rendez-vous vu ce que je lui ai demandé de faire. Jamais une seule fois il n'a hésité. Il s'est même prit au jeu.

Après ça, nous continuons les balades et les séances en piste à pieds ou en selle. Je commence peu à peu à passer au sans mors.
Pour une cavalière venant d'un centre équestre où on a toujours apprit que le mors était inévitable et important pour diriger et arrêter son cheval, ce n'est pas facile, mais j'ai confiance en Mylo et je sais qu'il ne cherchera pas à me faire de mal.

Puis arrive ce fameux rallye qui a bien failli me coûter la vie.
J'ai réellement eu peur et alors que je pensais pouvoir m'en remettre, je réalise à quel point ma confiance en moi s'est désintégrée. J'ai l'impression de tout faire de travers. Je suis vite dépassée. Surtout par mes sentiments d'ailleurs. Je n'ose plus !
Je pars complètement dans le rouge vif des émotions rien qu'à l'idée de préparer mon cheval en vue de le monter. Une fois en selle, je ne suis pas à l'aise. Mes chevaux n'ont plus que deux allures : le pas et le trot. Je peux faire des allures dans l'allure mais il ne faut pas m'en demander plus... Et lorsque vient le moment de mettre pieds à terre, c'est la panique.

Quant à ma confiance en Mylo, je réalise également qu'elle a été fissurée. Elle n'est pas cassée, non, je sais que Mylo est toujours ce chouette petit cheval qui donnerait sa vie pour faire plaisir. Mais j'attrape peur au moindre écart, j'ai l'impression que Mylo m'embarque non stop, je n'ai plus confiance dans notre équitation. Du coup, lui qui avait toujours confiance en moi, il panique également, il se demande pourquoi je ne suis pas sûre de moi, pourquoi je suis raide.
Je sais que ça vient de moi, de mon manque soudain de confiance en moi suite à cet accident.

Alors je me mets en quête d'un coach qui pourra me remettre en route et là encore le souci de confiance pointe sa vilaine tête de sadique !
Premièrement, je ne parviens pas à franchir le pas. Je n'arrive pas à contacter les gens. Par écrit à la limite, c'est faisable, mais lorsqu'il faut se rendre sur place pour en parler (dans le cadre de quelques séance en centre équestre), c'est la panique ! Et si ces gens ne parvenaient pas à me remettre en selle ? Et s'ils faisaient pire que mieux ? Et s'ils me jugent ? Je n'ai pas fière allure, je dois bien l'avouer, avec ce sourire coincé et ce grand corps tout raide une fois en selle.
En plus, je n'ai pas envie qu'on me parle de galoper pour le moment. J'ai juste envie de me remettre en selle au pas et au trot, mais cette troisième allure peut bien rester où elle est pour l'instant. Et je sais que le coach va me forcer, il va me dire d'y aller, de foncer, ^rien que d'y penser, ça ne va pas... Et dire qu'avant, j'adorais galoper plein cul dans les champs ou dans les bois.

Je tente la voltige, j'aime bien, mais je réalise que ça ne va quand même pas. Je suis super raide et surtout j'ai l'impression que je vais tomber sans cesse. Je parviens à me faire mal au dos et avec une double hernie discale, je ne peux pas me le permettre.
Puis le surfaix de voltige de la coach n'est pas adapté à mon goût, c'est une simple poignée et il n'y a pas de tapis. Du coup, je panique assez vite et j'ai envie de pleurer.
Mon dieu, rien que ça, l'envie de pleurer, ça ne m'est jamais arrivé à cheval. Pourquoi ça arrive maintenant ?

Sur FaceBook, je tombe sur une étudiante en dernière année de psychologie, elle réalise un mémoire sur "La reconstruction personnelle et l'évolution du lien entre un cavalier et son cheval après une chute".
Je me dis que là, ça pourrait peut être m'aider à avancer ou du moins à comprendre ce qui coince.

En attendant, je me donne du temps, je n'ai pas le choix. C'est un pas en avant et deux en arrière.
J'ai toujours autant envie de reprendre cours mais pour cela, il me faut trouver la prof (ou un homme, je m'en fiche) avec qui je me sentirai l'envie de toujours aller de l'avant... La prof en qui j'aurai confiance, qui ne me fera pas brûler les étapes par pure impatience ou ras le bol de me rassurer... Ce n'est pas si simple, je le réalise bien...
Cet été, nous ferons énormément de balades au pieds et au fil du temps, me reviendra l'envie de seller et de monter plus tard... Si ce n'est pas aujourd'hui, ce sera demain.