Lors de la dernière Cavalcade des Blogs, je vous parlais de l'E.M.D.R., technique utilisée en cas de psychotraumatisme.

Mais avant tout, j'aimerais vous expliquer ce qu'est un traumatisme psychologique :
Un traumatisme est une expérience de violence hors du commun, au cours de laquelle l’intégrité physique et psychique d’un individu est menacée, et face à laquelle la victime est ou se sent incapable de réagir (sentiment d'impuissance).
Un événement similaire vécu par d'autres personnes pourra avoir des effets traumatiques très différents d'une personne à l'autre.
Pour avoir un effet traumatique, l'événement doit représenter une menace (réelle, potentielle ou imaginée) pour l'intégrité de la personne, dépasser ses possibilités de réaction, survenir de manière soudaine et imprévue, et s'accompagner d'un sentiment d'impuissance, de terreur, de détresse, d'effroi, de solitude, d'abandon, etc.

Si ce même événement continue à déstabiliser fortement l’équilibre psychique de la personne pendant une période plus longue en raison des symptômes de répétition, d’évitement, de déni et de stimulations excessives, nous parlerons alors d’un stress post-traumatique (PTSD).

D'un point de vue neurologique, le système limbique joue un rôle très important dans le comportement, les émotions et la formation de la mémoire.

Parmi les éléments qui le composent, se trouve l’amygdale, siège de la mémoire émotionnelle. Elle nous permet de contrôler nos réponses émotionnelles. C’est ce système qui nous permet, en cas de danger, d’y répondre adéquatement. Cette réponse y sera mémoriser et pourra être réutilisée lors d’une nouvelle situation similaire.
L’amygdale va pouvoir retourner à un état de repos grâce à l’action du cortex associatif qui analysera la situation et enverra un signal d'apaisement à celle-ci.

Lorsque le danger est trop grand, et qu’un état de sidération apparaît, l’agmydale se bloque car l’action du cortex associatif n’est pas possible. L’amygdale reste activée malgré la cessation du danger voire la maîtrise de la situation. Ce blocage entraîne une réponse émotionnelle qui reste maximale et perdure dans le temps. La production des hormones nécessaire à l’action du corps continue (noradrénaline, adrénaline, cortisol et dopamine) alors qu’il n’y a plus aucune nécessité de réagir face à une attaque. Ce sont ces hormones qui vont entraîner un état de stress extrême. Le corps n’a pas d’autre solution que de produire un court-circuit afin de déconnecter l’amygdale et ceci à travers la production d’endorphine. L’endorphine va cesser l’action de l’amygdale et stopper ainsi la fabrication de toutes ces hormones devenues toxiques pour le corps.

En procédant de la sorte, le cortex associatif ne reçoit plus d’informations de nature émotionnelle, ce qui donne cette impression d’étrangeté, d’être spectateur. C’est ce qu’on appelle, le phénomène de DISSOCIATION.

L’amygdale étant isolée du reste du système limbique, elle ne peut plus participer à la transformation de la mémoire émotionnelle en souvenirs. Et voici comment apparaissent les troubles de la mémoire suite à un traumatisme subi.

Le cortex ne pouvant plus jouer son rôle de modulateur, l’amygdale devient hypersensible au point de réagir de manière démesurée à tout stimulus ayant de près ou de loin un rapport avec le traumatisme initial. C’est ce qui crée la MÉMOIRE TRAUMATIQUE.

En conclusion : les symptômes du PTSD sont causés par une information perturbante stockée dans le système nerveux. Cette information est emmagasinée sous la forme même de son vécu initial, parce que le traitement de l’information a été, pour une raison quelconque, bloqué. En effet, l’information est figée dans le temps, isolée dans son propre réseau neuronal et stockée sous la forme d’un état spécifique essentiellement perturbant.

En d'autres termes, ma chute d'il y a deux ans a provoqué un choc psychotraumatique. C'est resté bloqué en moi et à présent, mon esprit a traduit l'information "Monter => Chuter => Souffrances". J'ai peur de monter parce que j'ai peur de tomber et de souffrir à nouveau comme je l'ai fait.
C'est un très fort résumé de ce qu'il se passe. Vous vous doutez bien que c'est bien plus complexe que ça. Mais c'était important de pouvoir vous expliquer ce qu'il se passe "dans ma tête".

Stimulation de l’attention double dans l'E.M.D.R. :
Il existe d’autres stimuli que les mouvements oculaires dirigés et qui sont tout aussi capables d’activer le système de traitement de l’information : le tapping des mains ou les sons bilatéraux alternés.

Spécifiquement, le mécanisme du traitement de l’information est activé quand l’attention est centrée sur des signaux extérieurs (ex. signaux tactiles ou auditifs).
La focalisation simultanée sur le souvenir traumatique active le processus de traitement du matériel stocké de manière dysfonctionnelle.
Un réseau de mémoire constitue un système d’informations reliées. On imagine une série de canaux où des souvenirs apparentés, pensées, images, émotions, sensations sont emmagasinés et lié les uns aux autres.
Le traitement de l’EDMR va progresser à travers des réseaux de mémoires.

On demande au patient de se concentrer sur une cible qui est un souvenir spécifique ou un aspect de ce qui a été vécu (sensation, pensée, …).
Nous allons ainsi nettoyer chaque canal en retraitant l’ensemble du matériel dysfonctionnel connecté à la cible, emmagasiné de façon dysfonctionnelle.

 

Aujourd'hui, j'ai fait ma première séance d'E.M.D.R.
Après avoir expliqué à la psy la raison de ma venue et un petit résumé de ce qui n'allait pas, j'ai pu me mettre à l'aise dans un fauteuil et fermer mes yeux. Une autre méthode consiste à effectuer un mouvement oculaire de gauche à droite et de droite à gauche en suivant un objet par exemple mais j'ai du mal avec ça parce que je dois garder les yeux ouverts et cette situation me gène déjà assez comme ça. J'ai l'impression d'être jugée de ne plus pouvoir monter à cheval, alors imaginez si je dois garder les yeux ouverts en même temps et affronter ainsi le regard de ma psy.
Donc je garde les yeux fermés et elle effectuera de légers tapotements sur mes cuisses.
Lorsque la séance commence, je suis consciemment d'abord le tapotement de ses doigts sur mes jambes, mais très vite ça part dans l'inconscient et je peux alors raconter la fameuse séance qui a changé ma vie.

Étrangement, je me suis surprise à revivre certaines scènes. Je revoyais cet homme habillé en noir lever les bras pour nous faire barrage, je revoyais Mylo lui foncer dedans, je ressentais même l'impact et surtout certaines douleurs. J'ai pleuré aussi... Un peu, j'ai toujours ce blocage à ce niveau là, mais qui n'a rien à voir avec le monde équin.

Au cours de la séance, j'ai appris à sortir ce monsieur de mes souvenirs. L'écarter, le faire tout petit, le mettre au plus loin, n'importe du moment que nous ne fonçons plus dedans à vive allure. Puis j'ai repris les rênes et j'ai arrêté doucement mon cheval.

En fin de séance, je me sentais mieux. C'est bizarre à dire mais j'avais un peu l'impression que cet accident n'était jamais arrivé. Ou alors si, qu'il était arrivé mais peut être pas à moi. Ou peut-être à moi mais que je n'en avais pas été traumatisée, pas autant. Enfin quoi qu'il en soi, je suis ressortie de ma séance totalement perturbée.
J'avais même envie de faire une séance en selle.

Il est prévu que je refasse une séance plus tard afin de voir s'il y aurait "des restes" du trauma'.