Hier, ça fait un an tout rond que Ice est à mes côtés !
Un an que nous apprenons à nous connaître, à parler le même langage, que nous nous testons.

Quelle joie d'être en repos pour ce jour bien spécial du premier mai !
Je me suis dit que ce serait l'occasion de travailler un peu...

Nous avons travaillé l'envoi sur le cercle avec l'objectif de partir dans le calme.
La montée de la sève et tout un tas de trucs faisaient que Ice s'était transformé en cheval sauvage.
La moindre énergie de ma part le faisait littéralement exploser mais le pire était qu'il était pot de colle en même temps, donc c'était dangereux pour moi.
Ses premiers départs sur le cercle ressemblaient d'avantage à ceux d'un cheval mustang qu'on venait de capturer qu'à ceux d'un cheval éduqué. Et impossible de repasser au pas sans devoir rendre ça désagréable. La voix qu'il connaît pourtant si bien à la longue avec moi était devenu pour lui totalement inconnu.

Pour la peine, énorme travail sur moi-même de devoir gérer mes émotions, relâcher la pression, "poser mes valises", comme je dis toujours.
Ça a porté ses fruits puisqu'il a commencé à se souvenir de mon existence mais surtout de mes codes.

Nos envois sur le cercle s'avérèrent bien plus agréables.
Du coup, place au travail des allures montantes et descendantes... et de l'arrêt !
Je m'attendais à devoir à nouveau "me battre" mais rien de tout ça, il était à l'écoute. Un véritable plaisir au bout de ma longe. Très attentif à mes demandes même s'il a du mal à rester au pas tant il a envie de bouger.

Travail de l'envoi sur le cercle, demi-tour, départ à l'autre main, arrêt et chasser les hanches pour être face à moi.
Là, les début furent joviaux. Il n'avait pas envie de coopérer mais s'il peut être têtu, je ne donne pas ma part aux lions... Il l'a vite comprit et a fini par se calmer.

J'ai pensé qu'on terminerait sur une note super positive avec sa deuxième séance de huit de chiffre qu'il m'a effectuée comme s'il l'avait toujours faite... Mais de lui-même, il m'a proposé un trot soutenu avec pli d'encolure, autour de moi, très proche, ma longe ne donnant aucun contact. Juste un stick un peu relevé pour garder ses hanches loin de moi.
Il avait l'air de s'amuser et je dois bien vous avouer que moi aussi. C'était un exercice que nous n'avions encore jamais travaillé et de le voir me le proposer de lui-même puis s'arrêter dans la seconde où je le lui demande, ça m'a mis du baume au coeur.
Un superbe cadeau pour nos un an de vie commune !

Nous avons terminé la séance avec un énorme câlin. Là aussi il commence à les apprécier.

 



 

Concernant Mylo, il était parti en promenade avec Steph' dans les bois.
Il semble adorer ces moments. Ça fait vraiment plaisir de le voir travailler.
Encore ce souci avec les chiens qui ne sont vraiment pas les amis de Mylo (il surgissent toujours de n'importe où et sautent dans les grilles ou barrières, ça fait énormément de bruit).
Ils ont fait deux beaux galops et Steph' m'a dit qu'il commençait à vraiment bien s'équilibrer...
Et surtout sa condition physique s'améliore !! Il rattrape l'endurance qu'il avait lorsque je montais et travaillais régulièrement.

Je regardais sur Facebook les publications de la même date mais quelques années plus tôt... Dans l'une d'elles, j'expliquais ma leçon à dos de Mylo où il avait été parfait, où nous avions travaillé au pas et au trot... Et même un tour à chaque main au galop.
Je vous avouerais que j'avais l'impression que c'était il y a 20 ans... Ça me manque tellement ! Puis qu'est ce que j'étais heureuse de ces moments en selle avec mon Mylo bien appliqué et moi super confiante, sans tout ce stress qui me pourrit la vie depuis deux ans.

A présent, je ne peux que les voir partir et revenir de leurs balades, regarder les séances en piste ou lire les résumés de travail que Steph' m'envoie à chaque fois et qui me font du bien.

 



 

 

Dernièrement, Chéri me demandait si j'étais encore heureuse avec mes chevaux, si c'était encore ce qui me faisait vibrer...
Il voit bien que je vais mal avec cette confiance en moi inexistante depuis l'accident, il voit bien aussi que l'idée de monter est devenue plus un cauchemars qu'un rêve, il sait que ça me manque et que parfois je pleure en cachette.
Je comprends son inquiétude, je comprends sa demande, même si sur le moment, elle me fait mal. C'est que la vérité fait parfois mal.
Sincèrement, je me dis que ce n'est que passager. Je vais bien finir par retrouver cette envie, cette flamme.
Je cherche toujours comment me défaire de cette angoisse. Trouver un prof est la solution, je le sais, mais soit mes finances ne me le permettent pas (et prendre cours une fois par mois ne m'intéresse pas), soit le prof ou sa façon de donner cours ne me plaisent pas des masses.

Alors je me console en sachant Mylo entre de bonnes mains et je travaille Ice à pieds.
Il y a peu, à la fin du mois d'avril, j'ai osé faire un petit tour en selle à dos de Ice. Nous n'avons pas fait grand chose : que du pas. On a fait serpentines et voltes. J'étais rênes longues. Enorme travail sur moi-même parce que j'ai l'impression de ne plus rien contrôler alors qu'avant je montais toujours rênes longues...

Alors oui, je comprends parfaitement la question de Chéri mais elle m'atteint dans mon petit coeur.